TERRIFIANT
+ 30 % de femmes battues
Selon un rapport de l’Observatoire national de délinquance (OND),les violences conjugales ont augmenté de 31,3 % depuis trois ans.
Qu’elle soit verbale, psychologique ou sexuelle, la maltraitance conjugale entraîne des séquelles graves qui laissent parfois une trace indélébile.
"Les chiffres de la violence conjugale dérapent", annonce ce matin la une du Progrès de la Haute-Loire. Les hommes sont-ils devenus des fous assoiffés de violence qui se défoulent sur leurs conjointes? A en croire les chiffres et la une du journal, oui. Le problème, c'est que tout ça ne veut rien dire du tout !
Les chiffres ont-ils dérapés ?
Que s'est-il donc passé au cours des trente-six derniers mois pour que les violences faites aux femmes subissent un bond de plus d'un tiers ?
Un changement de législation a fait exploser les statistiques
Il s'agit d'une augmentation du volume de plaintes, et non d'une hausse du nombre de faits. Or, ces dernières années, on a constaté que les femmes battues osent un peu plus facilement déposer plainte contre leur conjoint même s'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine, les enquêtes de victimation montrant que seules 21% des victimes déposent plainte.
En fait il est difficile d'avoir des chiffres fiables
Isabelle Barrial est déléguée au Droit des femmes dans le département. Elle le confirme sur notre antenne aujourd'hui.

Isabelle Barrial déléguée au droit des femmes de Haute-Loire (archives)
Cette hausse de plus de 30 % a une explication mécanique :
Le changement de législation intervenu en 2006, qui s'est traduit par une augmentation record du nombre de plaintes en 2007 : + 16%. De fait, la loi a élargi la violence conjugale aux couples pacsés et aux anciens conjoints, concubins et compagnons. Or il est bien plus facile de déposer plainte contre son ex que contre son mari. Elle a aussi disposé que les faits ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) de moins de 8 jours devaient être pris en compte. Or ce sont ces faits qui ont explosé entre 2004 (date à laquelle ils n'étaient pas encore pris en compte) et 2007 : +39,4%.
Voilà d'où viennent, en grande partie, ces fameux « +30% ». Ce qui ne signifie pas que les violences faites aux femmes sont en recul. Simplement, elles n'ont pas besoin d'être exagérées pour être scandaleuses.
Mesurer, prévenir, coordonner, protéger
Un plan triennal 2008-2010 a été lancé en novembre 2007 par le ministère du Travail et de la Solidarité. L’objectif : Justement, mesurer précisément l’ampleur de ce phénomène, mieux prévenir la violence, développer la coordination entre les services dédiés et enfin coordonner, protéger les femmes victimes et leurs enfants en tout point du territoire.